9. République populaire de Mongolie

La mort du dernier Bodgo Gegen («Bouddha vivant») permit au gouvernement provisoire de proclamer, le 26 novembre 1924, la République populaire de Mongolie, qui devint le deuxième pays communiste du monde. La ville d’Ourga fut renommée Oulan-Bator («Héros rouge»).
Les dirigeants de la nouvelle république s’alignèrent sur l’URSS, décidés à transformer radicalement la société mongole. Puis le pays fut balayé par les purges staliniennes au début des années vingt. Mais la collectivisation forcée des terres et des troupeaux, l’interdiction du lamaïsme entraînèrent, en 1932, une insurrection générale qui fut réprimée par l’Armée populaire.

De 1932 à 1951, la Mongolie est gouvernée par le maréchal Tchoibalsan, le « Staline » mongol. En 1939, les Japonais attaquent la Mongolie. Ils sont défaits à Khalkhin-gol par les blindés du général Joukov. Cette bataille passée complètement inaperçue joue un rôle dans la décision du Japon de ne pas envahir l’URSS en 1941.

En 1937 et 1938, sous l’initiative de Joseph Staline, le pays connut une campagne de terreur contreles monastères et les moines bouddhistes, ce qui décima près de 3 % de la population mongole. En 1940, toujours sous l’ordre de Staline, les autorités mongoles adoptèrent l’alphabet cyrillique en lieu et place de l’alphabet mongol traditionnel.
En 1939, les Japonais attaquèrent la Mongolie, mais ils furent défaits à Khalkhin-gol par les blindés du général russe Joukov. Devenue complètement dépendante de l’URSS, la Mongolie ne commença à élargir ses relations qu’à partir de 1946, lorsque le gouvernement chinois reconnut la Mongolie après la victoire de l’Armée populaire de libération chinoise qui avait permis, en 1947, la création d’une région autonome appelée la Mongolie intérieure (Heimenggu). Depuis la Révolution culturelle, la pression des Chinois han sur les Mongols, de moins en moins nombreux dans leur région autonome, n’a cessé de s’accroître.

Toutefois, à la fin des années cinquante, la rupture de la Chine et de l’URSS y mit un terme. La Mongolie resta dans l’orbite de l’URSS qui, en 1961, soutint sa candidature à l’Organisation desNations unies. Pendant presque un demi-siècle, l’URSS aura été le partenaire commercial principal de la Mongolie et son principal partenaire militaire. Yumzhagiyen Tsedenbal dirige la Mongolie de 1952 à 1984, puis Jambyn Batmönkh lui succède.

Environ 65 000 soldats soviétiques étaient stationnés en Mongolie; les dernières troupes de l’ancienne Union soviétique quittèrent le pays à la fin de 1992. À la fin des années quatre-vingt, plus de 10 000 ressortissants soviétiques travaillaient en Mongolie en tant qu’experts techniques, conseillers ou ouvriers spécialisés; ils constituaient une présence considérable dans certaines villes de Mongolie, ce qui favorisait l’usage de la langue russe.

En 1986, encouragé par les réformes de Mikhaïl Gorbatchev, le décentralisateur mongol Jambyn Batmonkh tenta d’introduire la perestroïka et la glasnost dans son pays, mais il perdit le pouvoir en 1990. À la démission de Batmönkh en mars 1990.