Contexte historique

Partie de l’empire manchou à partir de 1691, la Mongolie a déclaré son indépendance en 1911. Une république populaire a été mise en place en 1924 par le gouvernement révolutionnaire qui s’était emparé du pouvoir avec l’aide soviétique trois ans plus tôt. Le régime de parti unique, dominé par le Parti Populaire Révolutionnaire Mongol (PPRM), a duré jusqu’en 1990. Le PPRM (aujourd’hui de tendance social-démocrate) a emporté le premier scrutin démocratique du pays en 1992. L’alternance politique intervenue en 1996 avec la victoire de la Coalition démocratique (CD, libérale) et, de nouveau, en 2000, avec le retour au pouvoir du PPRM, marque l’ancrage de la démocratie en Mongolie.

Vie politique

La Mongolie a un exécutif bicéphale, avec à la tête de l’État un Président élu et à la tête du gouvernement un Premier ministre. Le Parlement, appelé le Grand Khoural, comporte 76 sièges.

Le Président mongol a été élu le 22 mai 2005. Le président Bagabandi (PPRM), qui n’était pas rééligible au terme de son second mandat de quatre ans, a cédé la place au Président du Parlement mongol, ancien premier ministre (2000-2004), M. Enkhbayar (PPRM).
Le gouvernement mongol est formé par le Parti Populaire Révolutionnaire Mongol – PPRM (avec neuf Ministres sur seize), le Parti Démocratique (trois Ministres), le Parti de la Patrie (deux Ministres), le Parti Républicain (un Ministre) et le Parti du peuple(un Ministre). Il a remplacé, le 27 janvier 2006, le gouvernement de coalition composé du PPRM et de la CD (Coalition Démocratique). M. Enkhbold, président du PPRM et précédent ministre de l’Intérieur et de la Justice, a succédé à M. Elbegdorj (CD) en qualité de Premier Ministre. Le précédent cabinet a été dissous suite à la démission collective, le 12 janvier 2006, des dix Ministres du PPRM qui détenaient la majorité des portefeuilles.

Les dernières élections traduisent l’enracinement progressif de la démocratie dans ce pays qui célèbre, en 2006, le 800ème anniversaire de la fondation de l’Etat mongol par Gengis Khan.

Politique extérieure

La politique d’équilibre entre ses « deux grands voisins » constitue la base de la politique extérieure de la Mongolie. La Russie est le premier fournisseur de la Mongolie. Les relations économiques avec la Chine progressent rapidement, celle-ci étant désormais son premier investisseur, son premier client, et son deuxième fournisseur.

Oulan Bator attache par ailleurs une grande importance au développement de ses relations avec ses « voisins tiers » – Etats-Unis, Japon, Corée du Sud et Union Européenne -, qui sont les principaux donateurs bilatéraux de la Mongolie.

L’UE représente le quatrième partenaire commercial de la Mongolie et un bailleur de fonds important. La Commission Européenne a inauguré un bureau technique à Oulan-Bator en juin 2006.
La Mongolie participe à de nombreuses enceintes internationales et régionales. Elle entretient des relations étroites avec le FMI, le PNUD et la Banque Mondiale pour mener à bien son développement. Elle a adhéré à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) en juillet 2006. La Mongolie est, par ailleurs, devenue membre de l’ASEM en septembre 2006. Dans le domaine de la sécurité, elle est l’un des douze « partenaires du dialogue » de l’ARF (Forum régional de l’ASEAN). Elle a accédé au statut d’observateur de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) en janvier 2004 et de partenaire asiatique de l’OSCE en décembre de la même année. Une coopération entre la Mongolie et l’OTAN existe dans le cadre des relations de l’Alliance avec les « pays contacts ».
Le parti dominant en Mongolie est le Parti révolutionnaire du peuple mongol (PRPM) formé par les anciens communistes mongols après la Guerre froide. Le principal parti d’opposition est le Parti démocratique qui a contrôlé une coalition au pouvoir entre 1996 et 2000. Cette coalition, n’ayant réussi ni à maintenir sa cohésion ni à régler les problèmes économiques du pays, a été très lourdement sanctionnée par les électeurs en 2000 : ils ont donné la victoire au PRPM avec une écrasante majorité. Durant les élections législatives du 27 juin 2004, le PRPM et l’opposition ont obtenu un nombre égal de sièges.
Afin que le développement de la Mongolie ne soit pas entravé par des crises politiques, ils ont décidé d’élaborer un programme commun et de former un gouvernement d’union nationale. Tsakhiagiyn Elbegdorj, issu du Parti démocratique, a été nommé Premier ministre, tandis qu’un communiste est devenu président du Grand Khoural.

À l’issue de l’élection présidentielle du 22 mai 2005, l’ancien Premier ministre Nambaryn Enkhbayar, candidat du PRPM, a été élu président de la République avec 53,4 % des suffrages exprimés. Son principal adversaire, Mendsaikhanin Enkhsaikhan, candidat du Parti démocratique, a obtenu 20 % des voix. Enkhbayar a débuté son mandat à la fin du mois de juin 2005 en remplaçant le président Natsagiyn Bagabandi, lui aussi issu du PRPM, qui ne s’était pas représenté au mandat suprême.

Le 11 janvier 2006, le PRPM décidait de quitter la coalition gouvernementale avec le Parti démocratique arguant de la mauvaise gestion économique et de la forte inflation du tugrik. Le Parti démocratique considérait que le départ du PRPM était dû à la lutte contre la corruption lancée par Elbegdorj. Conséquence du retrait du PRPM de la coalition, les 10 ministres du PRPM quittaient le gouvernement. Le 13, Elbegdorj démissionnait de son poste de premier ministre et le gouvernement était dissous par le Grand Houral. Le PRPM formait une nouvelle coalition avec des petits partis et le secrétaire général du PRPM Miyeegombo Enkhbold était investi premier ministre le 24 janvier.

Le statut non-nucléaire de la Mongolie :

La Mongolie est signataire du statut non-nucléaire. Elle n’a également aucune alliance militaire avec des pays nucléarisés. D’autre part, elle a demandé aux pays nucléarisés des Nations Unies de garantir sa sécurité.